Chelsea Sutton

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Message  Chelsea Sutton le Jeu 25 Avr - 16:50

Voici un exercice qu’il m’est très aisé de faire mais qui m’incombe au plus haut point. Quelle idée ais-je eu de foutre les pieds chez un psy ? Mais bon on m’a dit que c’était nécessaire, c’est le protocole, que sans ça, ma candidature n’aura aucune chance d’aboutir. Candidature mon cul oui, ils savent très bien ce qu’ils font et avant même que je leur remette ce rapport ils savent déjà si je vais les intégrer ou non. Toutes ces conneries juste pour la forme et pour grandir les piles de papiers administratifs qui finiront oubliés de tous… encore un beau gâchis écologique.
Enfin je vais faire comme ils disent.
Je me présente, je m’appelle Chelsea Sutton, j’ai 32 ans et je suis neurobiologiste …blablabla.
Anglaise de naissance et de souche, mon père descend d’une illustre famille aristocratique qui remonte à au moins 6 siècles dans la généalogie. Avocat d’affaire il est aussi membre de la chambre des Lords. Mère quant à elle après avoir été agrégée de philosophie, elle est devenue doctorante et conférencière et fut un temps enseignante à Cambridge. Aujourd’hui dilettante, elle se repose aisément sur la fortune familiale et sur l’argent récolté de la parution de ses bouquins de « psychologie essentielle » qui deviennent tous des best-sellers.
Bien que très occupés par leurs domaines respectifs, ils ne manquaient pas les réceptions mondaines propres à leur milieu où ils ont pu se rencontrer et sceller leur amour par l’arrivée de 3 rejetons.
La première, Sarah est une jeune femme douce et calme au sens artistique très développé. Piano et violon furent les meilleurs amis de toute son enfance et sa croissance et malgré sa grande timidité, les labels se sont jetés sur elle comme des crève-la-soif et en ont fait une sainte patronne de la musique lyrique. Aujourd’hui elle fait salle comble aussi bien à Vienne, qu’à Tokyo ou Chicago. Son nom commence à faire écho chez le tout venant populaire ce qui est pas mal pour la papesse du piano mondial.
La seconde, ben c’est moi. Pas vraiment de fibre artistique, enfin si quand même, je m’explique. J’ai la chance (ou la malchance) d’être douée en tout, ou médiocre en tout comme aurait dit Sartre. Enfant dite surdouée, mon cerveau emmagasinait tout et n’importe quoi et quand on commence à lire et retenir le dico vers 5 ans, c’est que quelque chose cloche. Donc pour ce qui est de l’art, j’en connais un rayon, je suis une putain de théoricienne, bon après la pratique, pas que je ne sois pas douée, j’ai fait des aquarelles pas trop laides, mais disons que ça me gave vite. Ça va m’amuser… deux minutes quoi. J’ai toujours eut besoin de confronter mon esprit à la difficulté pour avoir un tant soit peu la sensation de progresser et d’apprendre. Mère, grande fan inconditionnelle de Dolto ne voulu pas m’extraire du milieu scolaire et bien que mes notes ne descendaient que rarement en dessous de 20 sur 20 je n’ai « sauté » que deux classes. J’ai fait ma scolarité à Charterhouse School qui fait partie des neuf public schools les plus prestigieuses qui figurent dans le Public Schools Act de 1868. Elle fut fondée par un de mes ancêtres, un certain Thomas Sutton en 1611. Pour mes études supérieures, je les fis à Saint Andrews en Ecosse. Seule l’étude du cerveau et de son comportement semblait être un défi convenable à mes capacités. Á 23 ans, diplôme en poche, je commençais à exercer en tant que neurobiologiste au sein de l’IRGB (Institut de Recherche de Grande Bretagne).
Le troisième et dernier membre de la fratrie se prénomme William. Sa destinée fut toute tracée car ayant eut pour parrain un certain David Coulthard, il s’intéressa très vite aux sports mécaniques et se lança dans la formule 3000. Fort de nombreux succès, c’est à présent la Formule 1 qui lui tend les bras.
Il y a donc plus défavorisée comme famille, mais n’allez pas croire que c’est plus rose avec du fric en abondance ! Que nenni, même si l’offre de divertissement est plus large, son accès demande davantage de sacrifices car un maquillage fait à la va-vite ou une jupe un peu trop froissée et les regards deviennent plus lourds et le black listage de la bonne société peut poindre très rapidement. Il faut donc se conformer à un rituel d’enfants de riches afin de satisfaire la sacro-sainte apparence pour que la rumeur ne souffre pas trop de la critique.
Une fois devenue une petite fille modèle, enfin il est temps de s’amuser, mais un amusement toujours contrôlé et mesuré. Tout ça pour dire que je préférais être à l’école qu’à la maison.
Désolée de tomber dans le cliché, l’argent ne fait pas le bonheur mais y contribue et patati et patata, mais en ce qui me concerne ça touche tout de même à la vérité.
Sinon, dans mon boulot ça se passe bien, c’est simple je suis responsable de mon service et on ne vient pas me faire chier. De toute façon j’apporte des résultats très satisfaisants et tous les deux ans je leur offre une thèse qui les fait réfléchir pour 5 ans de plus. Pour vous dire, même pas besoin de demander d’augmentations, ils viennent eux-mêmes me les proposer. Je bosse entre 13 et 14 heures par jour, sans me plaindre, ça m’occupe.
N’allez pas croire que ma vie ce n’est que mon boulot, holà non ! J’ai des vices en plus. Célibataire par choix, je passe parfois mes soirées autour d’un bon cherry-brandy dans les pubs et c’est sous la douce euphorie éthylique que je prends souvent le dernier métro. Parfois j’étale ma science, sans doute pour me rendre intéressante, j’ai rarement du répondant solide en culture G en face mais quand ça arrive, alors là c’est animé et je me délecte. Le pire c’est que je n’ai pas de sujets préférés, je peux très bien parler médecine, géographie, jeux vidéos ou politique avec une compétence et une indifférence égales.
Je vous ai glissé plus haut que j’étais célibataire. C’est surtout un statut social qui ne veut rien dire sauf confirmer que je ne suis pas mariée. En fait je n’ai pas le temps pour construire quelque chose avec un mec, une femme ou un animal de compagnie, mais j’ai parfois des relations d’un soir, en excluant les animaux de compagnie là, et ça me convient très bien comme ça.
On me dit froide, c’est pas faux, je suis un tantinet hermétique aux grands sentiments, j’aime pas quand ça dégouline de mièvrerie et utiliser les mots simples pour dire ce qu’on ressent, je laisse ça à ceux qui font passer leur cœur avant la raison. Oui c’est ça, l’amour, ce n’est qu’un empêcheur de tourner en rond qui restreint la fluidité du raisonnement. En d’autres termes c’est super nocif et il ne faut pas me parler de ça. Je suis peut-être un peu spéciale, mais je ne suis pas folle.
Bon je pense que pour mon premier rapport, ce n’est pas trop mal, j’ai mis tous les ingrédients pour décrocher des sourires aux psys : famille, rapport au pognon, à l’enfance, relations sociales et sentimentales. Il est temps que je prenne un dernier verre et que j’aille me coucher, je verrais pour continuer ça une prochaine fois.
Bonne nuit cahier de mon intimité.
Chelsea Sutton
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